Numéro 4 : Septembre 2000 
SOMMAIRE
Voyage dans l’Hexagone avec une animatrice
Si vous lisiez...

Vieillesse, Soins palliatifs, Euthanasie et Mort.

 Voyage dans l’Hexagone avec une animatrice

Fabienne Gustarimac, biochimiste de formation, a effectué un séjour en métropole , du 20 mai au 12 juin 2000, dans le but de se former à la culture scientifique et technique.

Du 20 au 26 mai elle fut accueillie à Angers par M. Jean-Luc Gaignard, Chercheur, Responsable de la Communication au Centre INRA et Chargé de mission à ‘’Terre des Sciences’’, le CCSTI d’Angers.

" Terre des Sciences’’ a été créé en 1992 par des organismes de recherche dans le but d’amener à découvrir le végétal, la santé, la chimie et le multimédia. L’équipe formée de 6 salariés, dispose d’un local d’environ une cinquantaine de mètres carrés, indépendamment des structures extérieures, situé à la Maison de la Technopôle non loin de l’INRA et de l’Université d’Angers.

Ses principales activités sont :

Le Cyberbus, équipé de 10 micro-ordinateurs circulant dans toute la région

Les ateliers de géologie et d’aéronautique.

‘’la classe du végétal’’ et ‘’l’atelier du végétal’’, nés du partenariat entre ‘’Terre des Sciences’’ et l’INRA

Les rendez-vous horticoles (temporaire)

La Semaine de la science (du 16 au 22 octobre 2000)

‘’Terre des Sciences’’ et l’INRA n’ont pas signé de convention de partenariat. Cependant celui-ci est effectif par l’intermédiaire de M. Gaignard grâce à ses deux fonctions et ce partenariat permet d’allier connaissances scientifiques et pédagogiques.


Du 29 au 31 mai , au ‘’Forum des Sciences ‘’, à Villeneuve d’Ascq (près de Lille), Fabienne Gustarimac a été reçue par M. Michel Chatry, Responsable de formation.

Créé en 1996, le ‘’Forum des Sciences’’ situé face à l’Hôtel de Ville compte une soixantaine de salariés logés dans une immense bâtisse dont l’architecture a été conçue par ses créateurs.

Schéma du bâtiment

Expositions et animations conçues par le Forum des Sciences visitées par le public à l’époque:

‘’Ouda Bougetoutletemps’’ pour les 3-6 ans (1)

La quantité humaine (2)

Iles, vivre entre ciel et mer (3)

Et pour finir, nous retrouvons Fabienne Gustarimac à Avignon, où elle a suivi la formation de 3 jours organisée par l’OCIM (Office de Coopération d’Information Muséographiques).

Le thème " le texte dans l’exposition " a été enseigné par deux intervenants.

La lisibilité et la visibilité du texte ont été discutées au cours du séminaire : deux notions regroupant à la fois la taille, le choix du caractère, les couleurs.... Une autre notion également abordée, celle qui s’intéresse à la manière d’écrire le texte, à sa structure, sa compréhension...

Nous vous invitons à venir voir l’exposition de Fabienne Gustarimac, ‘’Formation d’un animateur de culture scientifique’’, lors de la Fête de la Science au World Trade Center du 24 au 26 novembre.

Pour en savoir plus sur les organismes cités, consulter :

www.terre-des-sciences.org

www.forum-des-sciences.tm.fr

www.ocim.org

A travers un voyage dans la forêt, l’enfant guidé par Ouda, un personnage-enfant, va découvrir les différents éléments intervenant dans les mouvements du corps : l’équilibre, les sens, les sentiments...

Exposition représentant l’état des lieux démographique de notre planète.
Découverte de la formation des îles, des espèces insulaires, de la culture propre à chaque île.

SI VOUS LISIEZ

Pour des villes moins polluées. Science & Nature (p.12), N° 98 juillet-août 2000.

Dans le souci de développer à plus grande échelle l’utilisation des véhicules électriques, EDF et l’Agence pour la promotion de la création industrielle ont organisé un concours dont le thème est ‘’De l’électricité dans l’air’’.

Plusieurs propositions intéressantes faites par les étudiants en décoration et en architecture ont été retenues : système de transport à la carte conciliant mobilité et liberté avec un grand nombre de parkings, compromis entre transports en commun et véhicules individuels, grâce à un système de location de véhicules électriques. Sur 85 projets, 5 ont été récompensés. Ils seront présentés au Salon des maires de France, à Paris, en novembre prochain.

Shell tombera-t-elle dans le panneau (solaire) de Greenpeace ? Science & Nature (p.11), N° 98 juillet-août 2000

Les 80 actionnaires représentant Greenpeace au cours de l’Assemblée générale de la compagnie pétrolière Shell ont souhaité que Shell investisse dans la construction d’une usine de production de panneaux solaires, bénéfique à la fois pour Shell et le consommateur. L’environnement y trouverait également son compte.

Plus de 700 actionnaires ont approuvé ce projet et donné procuration aux membres de Greenpeace.

Vieillesse, Soins palliatifs, Euthanasie et Mort
Ericque COEZY (du CNRS)
(Version intégrale de l'article d'E. COEZY paru dans le n°4 (sept 2000) de la version papier du bulletin)

PREAMBULE :


Je voudrais commencer par quelques anecdoctes, que vous pourrez replacer selon votre humeur dans le contexte de cette lecture :


en 1975 rentrant au hasard de mes promenades parisiennes dans une des galeries de peinture, j’ai été confrontée à la vision saisissante du monde de Daniel Spoerri, impression telle que je m’en souviens encore.

Pour ce peintre (du moins est-ce ainsi que je l’interprètais), le monde finissait dans sa propre pourriture, comme inondé et submergé dans ses déchets. Ainsi représentait-il dans une sorte de peinture en relief, ce qu’il peut demeurer de restes après une fête, un banquet, lorsque les invités tout soudainement ont quittés la scène, et avant que ne soient passés les nettoyeurs ; monceaux de restes de nourriture, mêlés à des vomissures, vaisselles cassées serpentins etc, .monde si imprégné de tritesse, que je voudrais employer le terme de "genuine" qui pour une fois me paraît plus contextuel . Un peu plus loin la même "Fin du monde" (titre du tableau) se présentait sous la forme d’une déchetterie sans doute, encore une montagne immense d’ordures, d’où sortait ici et là, un bras de poupée en celluloïde, un caddie sur 3 roues, un cadavre pourrissant de je ne sais quel animal, etc,... Pourquoi ce tableau me donnait-il cette impression de finitude glacée et implacable?


E n l’an 2000, parcourant la revue"Psychologie", j’y trouvais cette remarque d’une jeune femme, "Top modèle et actrice" se disant positive : " Je crois que l’être humain est le cancer de la terre : elle a vécu sans lui pendant des millions d’années, il y est apparu il y prolifère, il va peut-être la détruire.


Plus tard d’un petit neveu âgé de 12 ans et dans ses propres termes : "- Pourquoi on vit ? Pourquoi on est obligé de vivre ?


DE LA LONGEVITE À LA VIEILLESSE MAL VECUE


L ’espérance moyenne de la vie de l’homme connaît depuis plusieurs décennies la phase de croissance la plus rapide de toute l’humanité. Ceci du fait des progrès réalisés en matière médicale, de ceux liés à l’hygiène de vie et à l’emprise de l’économie. En conséquence il se trouve que le vieillissement et donc la longévité, phénomène incontournable de cette fin de siècle, est devenu un problème majeur pour toute l’humanité. Nous pouvons envisager cela d’un triple point de vue :


économique,


Médico-social et naturellement


éthique.


ECONOMIQUE :


Sous ce vocable on pourrait mettre, tout ce que le " Dieu Marché" accomplit pour tirer quelque profit que ce soit de ce phénomène ; qu’il s’agisse de la mise en scène et la médiatisation outrancière de personnages caractéristiques admirablement doués pour le succès, afin que puisse se vendre, tout ce qui doit conformer notre silhouette, notre visage notre personnalité notre comportement à l’image, "du jeune cadre ou du jeune couple dynamique aux yeux brillants aux dents bien nettoyées" . Plus subtilement , il s’agit encore du nouvel intérêt accordé à la catégorie du "citoyen senior", dont on veut donner une image positive et valorisante de personne active et dynamique, donc susceptible encore d’accéder au marché des nouvelles technologies et des nouveaux services.


Ces considérations étant faites, il convient d’examiner quelques données fondamentales. :


De 1910 à 1960 l’âge moyen de la population est passé de 47 à 79 ans.

De 1960 à 2010 on s’attend à ce qu’il atteigne les 85 ans.


C’est celà qui constitue un phénomène social avec des conséquences planétaires insoupçonnables, puisque sur les 10 milliards d’habitants que comportera la planète en l’an 2050, 1,5 milliard de personnes seront âgées de plus de 65 ans. A ceci on doit ajouter d’après les projections de l’INSEE, que l’augmentation de la population âgée sera loin d’être compensée par l’arrivée de générations nouvelles sur lesquelles devraient reposer la force de travail, génératrice dans un contexte de solidarité sociale, des moyens de subsistance de ces personnes âgées.


Quels seront alors les enjeux de la société ?


Du point de vue du travail, on sait que sa distribution a connu depuis trois décennies des bouleversements majeurs,
qui contraignent les jeunes à une entrée plus tardive sur ce marché, en raison des difficultés d’insertion dans un monde en perpétuel changement (concepts, techniques, politique et philosophique) au nom de la course à la rentabilité.


Qui fait que cette vie de travail tend à se raccourcir aux deux extrémités, puisque les changements rapides d’approche de ce travail dûs à la nouvelle économie se déclinent sur le concept "d’employabilité" entraînant à un turn-over rapide des personnes, pour le moins déstabilisant, mais qu’on veut bien positiver sous la qualification d’adaptation.


LE POINT DE VUE MEDICO-SOCIAL :


On s’interroge dès lors sur le risque qu’il y a pour cette société à créer artificiellement des tranches d’âges et à les opposer. privant de la sorte une partie de ses membres actifs, des rapports sociaux valorisant que procure le travail, et à induisant consécutivement un processus d’exclusion, et/ou de discrimination en complète contradiction avec les principes de la D.U.D.H.

Il convient alors d’insister sur la dévalorisation sociale de l’accession à la retraite, et souligner l’importance du facteur socio-économique lié à cette politique de l’emploi. Indépendamment des processus politico-économiques engagés et des bénéfices escomptés, la généralisation et l’uniformisation de l’âge de la retraite a déjà sur la composition du corpus social les effets suivants :


La détermination d’un seuil symbolique d’entrée dans la retraite, fait que que l’on identifie à tort ce terme à la "vieillesse", signifiant à l’intéressé qu’il n’est plus capable d’exercer sa profession. Dans la mentalité collective ceci, correspond à une définitin sociale négative de cet âge de la vie.


Qui plus est les pré-retraites en abaissant l’âge de la cessation définitive d’activité professionnelle pour des personnes qui ont encore la capacité physique et intellectuelle au travail accélèrant le processus d’exclusion de la sphère de production, accentue encore la modification de la définition sociale de la vieillesse.


Or un processus dévalorisant de la personne âgée dans le contexte actuel d’un corps social privilégié, pour laquelle le regard des autres joue un rôle important, contribue au développement des altérations que l’on enregistre dans son état psycho-physiologique.


A cet égard on peut souligner qu’on assiste depuis quelques années à des situations de vieillissement prématuré, parmi les chômeurs de longue durée, et les sans-emplois victimes de désinsertion sociale, comparable à ceux observés dans les populations carcérales.


Ceci nous amène à faire un retour sur les processus de vieillissement normaux et pathologiques :


Le vieillissement est un processus qui au long des années transforme un sujet adulte en bonne santé, en un individu fragile dont la compétence et les réserves d’énergie diminuent au niveau de la plupart des systèmes physiologiques. La personne devient de ce fait de plus en plus vulnérable à de nombreuses maladies, et est donc susceptible de mourir plus ou moins rapidement.

Les altérations que l’on enregistre se développent progressivement au cours de l’existence, divers facteurs de prévention ou d’aggravation y concourent, que nous avons pour certains déjà notés.

Le vieillissement n’est pas un mécanisme spécifique de la dernière partie de la vie. C’est une suite programmée de mécanismes biologiques continus qui se succèdent à des rythmes différents : le développement, la maturité, la sénéscence se poursuivent de façon naturelle et continue pour tout être vivant.

Le vieillissement relève à la fois de mécanismes intrinsèques qui sont génétiquement déterminés et inéluctables : on parle de "gérontogènes" qui incluent les gènes, de la division cellulaire, ceux de l’apoptose, et d’autres qui ne s’expriment que tardivement, lorsqu’ils trouvent des conditions favorables à leur développement. Généralement les défenses baissant avec l’âge, les populations cellulaires sont à la merci d’enzymes protéolytiques engendrant la dégradation de fonctions vitales. Chaque fonction a une vitesse de déclin spécifique, la plus rapide étant celle des tissus élastiques comme la peau et les artères. Certains faits évoquent le rôle de l’hérédité, il s’agit, de formes familiales de sénilité précoce , telle que la maladie de type Alzheimer quand elle survient avant 65 ans (10% des cas). Dans d’autres cas les produits des gènes comme les"prions" qui normalement règlent des phénomènes physiologiques normaux : à savoir, l’élimination des radicaux libres oxygénés (RLO résidu métabolique et poison pour nos cellules),parce qu’ils sont affectés dans leur conformation structurale, ne peuvent plus assurer le rôle déterminant dans l’élimination de ces RLO et sont mis en cause dans les processus de vieillissement rapide,


On doit noter pour résumer que personne à ce jour n’a mis en évidence une "horloge de la longévité", contrôlant à la fois des altérations de l’ADN (pontage, alkylation et autres modifications post-traductionnelles), ce qui nous amène à considérer que l’espérance de vie dépend également et de façon très directe des facteurs liés à l’évidence à la nature, facteurs extrinsèques qui relèvent définitivement de l’environnement au sens large du terme, dont certains peuvent être améliorés ou optimisés( exemple : facteurs nutritionnels).


Les mécanismes extrinsèques


On se doit d’insister pour attribuer non sans raison le gain de longévité aux conditions générales de vie et de travail de meilleure nutrition des personnes âgées, avec l’amélioration de l’habitat de l’hygiène et des progrès de la médecine. De fait il semble peut douteux que la résistance au vieillissement ne puisse être mise en relation avec le niveau socio-économique, ainsi que le niveau de la durée des études. Ceci permet de souligner le rôle préventif bénéfique de ces progrès, et surtout ceux de l’éducation et de la mise à disposition des progrès des recherches entreprises dans la prévention du vieillissement prématuré. Recherches d’ordre tant préventif que curatif comme celles qui concernent l’ostéoporose, l’hypertension, le diabète et le fonctionnement cérébral.


Il n’en demeure pas moins que ces progrès dans l’espérance de vie semblent buter sur un maximum biologique, conséquence inéluctable de l’accumulation dans nos organismes de lésions non réparées. De cette absence de réparation résulte l’apparition d’états multipathologiques et corollairement d’une dépendance plus ou moins accentuée, dans le cas d’une grande solitude. Il est nécessaire de souligner grandement les conséquences pour les personnes âgées demeurées valides des effets de l’isolement et de situations consécutives à l’éclatement des structures familiales traditionnelles, au sein desquelles les aînés conservaient un rôle actif et utile. Aujourd’hui ce problème s’aggrave, et l’impression d’inutilité et de désinsertion sociale sont des facteurs d’augmentation des manifestations du vieillissement. L’exigence d’éthique sociale est de se préoccuper de la qualité de vie des personnes âgées encore préservées des incapacités liées au vieillissement au cours de cette période dite de "vieillissement sans incapacité" (EVSI), le maintien d’une réelle insertion sociale est l’une des conditions prioritaire du maintien d’expression de la personnalité et de la qualité de vie de la personne âgée.


La fin de la période d’EVSI est dominée par les manifestations de senescence, montrant la dégradation des fonctions cérébrales notamment mnésiques et cognitives, sensorielles , cardio-vasculaires et locomotrices conduisant à l’invalidité et à la dépendance.

Les conséquences essentielles liées à cette dépendance sont :

L’entrée en institution étape corollaire déterminant un engagement de frais considérables de la famille ou de la collectivité.


Et de la part de ces personnes, confrontées aux difficultés matérielles et psychologiques créées dans leur entourage familial par leur état de santé, ainsi que pour des raisons relevant de l’isolement et de la dépression qui accompagnent le veuvage. Parfois le désir sinon l’acte de "suicide altruiste" La France en 1990 avait le triste privilège au sein de l’union européenne du taux de suicide le pus élevé parmi les personnes âgées de plus de 75 ans.


FIN DE VIE


Pour chacun de nous la mort est le revers de la vie, elle l’achève dans sa forme et dans sa complémentarité, permettant à l 'individu d’arriver à une sorte d’unité et lui donnant une "identité" hors de toute perspective de foi, de valeur et de sens. La sanction de la mort donne les conditions d’existence du temps humain.

L’utopie d’une vie sans fin (clonage) ne paraît pas compatible avec les valeurs fondamentales de l’existence humaine que sont la vulnérabilité, le sens de la fin, l’autonomie et la dignité

Mourir reste une expérience douloureuse et difficile quelque soit l’expérience spirituelle de la personne, et l’on ne peut que tenter d’en atténuer la douleur et la difficulté. Mais le problème des conditions en fonction desquelles les uns et les autres sont conduits à affronter la mort ne doit pas être occulté.

Il y a la mission de la médecine pour qui la mort peut s’imposer en termes d’échec technique. Mais y correspond parfois la prise de conscience que la personne arrivée au terme de sa vie, malgré son extrême fragilité et sa vulnérabilité, (surtout à cause d’elles) doit être respectée dans son autonomie et sa dignité. Les gestes et attitudes qui conviennent alors résident dans le développement des soins palliatifs, l’accompagnement des mourants et le refus de l’acharnement thérapeutique;


Ce qu’il faut savoir en matière d’éthique, c’est qu’il existe une demande émanant du public comme des médecins qui est à prendre en compte et n’est pas pas toujours condamnable. Cette demande peut concerner les nouveaux-nés comme les grands vieillards. En l’occurrence la position ethique naturelle est la reconnaissance du droit des malades à refuser le traitement curatif qui n’apporterait aucun espoir de guérison au patient, mais qui interviendrait plutôt comme un facteur de désagrément et douleurs ; ceci au nom des principes de dignité de la personne humaine, de sa liberté imprescriptible à exercer son droit de choisir même dans la mort. Pour autant que le patient ait conservé cette liberté de choix.

En l’absence de facultés de consentement, la responsabilité du choix d’arrêt des soins doit concerner l’équipe médicale entière (signataire de la décision des "protocoles de prise en charge"), associée aux parents ou aux mandataires du patient.

Le CCNE se refuse cependant à donner aux politiques le droit de légiférer en la matière, du fait de la difficulté de faire droit à deux exigences légitimes mais contradictoires :


Respecter la volonté de chaque personne, dans ses choix, sa liberté, son indépendance et son autonomie.


Assurer pour le corps social, dont le médecin est en quelque sorte le représentant, la promotion de valeurs, en dehors desquelles il n’y aurait ni groupe ni société.


Pour trancher ce dilemme elle exprime néanmoins deux types d’arguments:


La vie est une valeur transcendante et ne peut-être laissée à la libre disposition de l’homme, car des dérives ne manqueraient pas d’ouvrir la reconnaissance d’un droit à l’euthanasie.


La justification légale de l’euthanasie , fût-ce dans des cas très limités, serait de nature à mettre un cran d’arrêt aux soins palliatifs, ou du moins à en retarder le développement et/ou la généralisation en faisant intervenir de façon excessive des paramètres économiques (gestion hospitalière).


Il convient donc de s’en tenir à la législation actuelle où l’euthanasie est qualifiée d’homicide volontaire ou de non assistance à personne en danger ! Cette position ne se veut toutefois ni intansigeante, ni fermée à toute détresse. Aussi n’exclut-elle pas que les juridictions fassent preuve –lorsqu’elles sont saisies - d’indulgence.

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